Festival international de l’humour
Accueil > Français > CULTURE GÉNÉRAL : REVUES, LIVRES, OPINION, MEMOIRE, CRITIQUE,CONVOCATIONS, (...) > Lettre d’information spéciale. Par Hans Ulrich Glarner /Chef de l’Office de (...)

Lettre d’information spéciale. Par Hans Ulrich Glarner /Chef de l’Office de la culture du canton de Berne MIS HORS-JEU

jeudi 20 juillet 2017, par Hans Ulrich Glarner

Lettre d’information spéciale. Par Hans Ulrich Glarner /Chef de l’Office de la culture du canton de Berne

Mis hors-jeu

Madame, Monsieur,

Il arrive parfois qu’il faille publier une lettre d’information extraordinaire. La cellule de crise du canton n’arrête pas son travail pendant les vacances d’été si une sécheresse se présage ou si les eaux souterraines sont menacées. Et lorsqu’une nouvelle importante est annoncée en plein mois de juillet alors que le monde politique est en pause, il s’agit de la remettre sur le devant de la scène pour qu’elle ne passe pas inaperçue. Les décisions importantes en matière de politique culturelle n’attendent parfois pas la rentrée scolaire.

L’Office fédéral de la culture (OFC) a annoncé quels musées feront l’objet d’un soutien à l’avenir et dans quelle mesure. Il a développé une formule mathématique pour le déterminer. Il a établi des budgets, analysé des chiffres et jonglé avec des pourcentages. Aucune racine n’a fait partie du calcul. Il a surtout procédé à quelques déductions afin que l’addition soit correcte au niveau national. Le résultat de ces calculs a été récemment communiqué aux musées : treize musées feront l’objet d’un soutien au lieu des sept actuels. Chaque région du pays est (in)satisfaite dans une certaine mesure.

Le Musée alpin suisse de Berne est le plus touché par la décision de l’OFC : la contribution fédérale qui lui est versée passera d’un million à 250 000 francs. Cette coupe est due à des calculs mathématiques, pas aux prestations et à l’importance du musée.

Ce ne serait d’ailleurs pas justifié de réduire la contribution fédérale du Musée alpin suisse sur la base de ces deux derniers éléments. En effet, ces dernières années, le musée s’est repositionné de manière fondamentale et orienté avec brio vers l’avenir. Il est l’exemple à suivre en termes de créativité sur la scène muséale. En sa qualité de cofondatrice du musée, la Confédération a été l’une des bailleresses de fonds principales pour ces travaux, aux côtés d’autres instances privées et publiques : le Club alpin suisse, le canton de Berne et la Ville de Berne. De nombreuses personnes se sont enthousiasmées pour cette institution culturelle innovante. Les attentes placées dans le directeur, Beat Hächler, et son équipe ont très vite été dépassées. Proportionnellement, son écho médiatique dépasse largement sa taille, tout comme son degré d’autofinancement. Soulignons aussi ses projets, remarquablement mis en réseau de manière interdisciplinaire.

Le Musée alpin suisse traite, de façon ingénieuse et innovante, des thèmes en lien avec la culture, la politique, l’écologie et la société. Car l’avenir de la vie dans les Alpes constitue une question existentielle pour la Suisse. C’est une aubaine pour notre pays qu’une institution culturelle s’en préoccupe.

Si l’on considère les musées non pas comme des collections d’objets, mais comme des lieux où le futur de notre société se dessine, alors on ne peut pas mettre à sec une institution telle que le Musée alpin suisse en toute bonne conscience. En réduisant sa contribution financière de 75 pour cent, c’est néanmoins ce que fait la Confédération, pourtant cofondatrice et l’une des principales bailleresses de fonds du musée.

La décision prise par l’OFC, qui touche le Musée alpin suisse de plein fouet de façon totalement inattendue, annihile les investissements fait depuis des décennies sur la base des contributions fédérales et désavoue l’importance du paysage culturel alpin pour l’avenir de la Suisse. Je fais confiance aux responsables de l’OFC pour revoir leurs comptes lorsqu’ils auront pris conscience de la portée de leur décision. En tous les cas, il vaut la peine de se battre pour cette cause.

Hans Ulrich Glarner
Chef de l’Office de la culture du canton de Berne

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0