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Le Théâtre Cubain, un sceau de l’identité nationale

jeudi 31 janvier 2013, par Nubia Piqueras Grosso

Le Théâtre Cubain, un sceau de l’identité nationale

Nubia Piqueras Grosso

Source : PL | 27 Janvier 2013

« Vive Céspedes ! », en allusion à l´un des plus grands patriotes cubains, a été la phrase prononcée par le populaire acteur Jacinto Valdés, lors d’une représentation qui a eu lieu le 21 janvier 1869 dans le théâtre Villanueva.
Le jour suivant, le théâtre de la ville coloniale de San Cristobal de La Habana a été couvert de drapeaux cubains, les femmes se sont vêtues avec les couleurs de ce symbole national (blanc, rouge et bleu) et le public a crié « Cuba libre ! » quand l´un des personnages s´est exclamé : « Vive la terre que produit la canne à sucre ! »

La répression de l´armée espagnole ne s’est pas fait attendre devant ces actions contestataires. Les volontaires en poste près du théâtre ont tiré sur le bâtiment en bois et sur ceux qui fuyaient, provoquant un véritable massacre connu comme Les événements de Villanueva, un fait qui a marqué la Journée du Théâtre Cubain.

Mais un tel événement n´est seulement qu´un des plus représentatifs dans l’étroit lien de l´art des planches avec l´identité cubaine, car ses origines à Cuba remontent à d´anciens rituels des Areitos, la plus haute expression de la culture aborigène dans l´île.

Les membres de ce groupe, dont le mot antillais provient de l´arahauco aririn signifiant essayer ou réciter, mêlaient le chant, la danse, la poésie, la chorégraphie, la musique, le maquillage et la pantomime dans chaque cérémonie, allégoriques aux liturgies religieuses, aux rites magiques de la végétation, aux épopées, aux histoires tribales et aux événements quotidiens.

Ces fêtes collectives, sous la direction du tequina, synonyme de maître, artisan ou expert, avaient lieu sur la place (batey) ou dans le plus grand espace de la maison (caney) du sorcier (buhuitihu), devant l´absence de scènes, d’amphithéâtres ou les sites convenant à leurs représentations.

L´histoire accepte El príncipe jardinero y fingido Cloridano, du Havanais Santiago de Pita y Borroto, comme la première oeuvre théâtrale cubaine, écrite à Séville, Espagne, entre 1730 et 1733 et dans laquelle l´auteur démontre sa grande culture et sa maîtrise, mais oublie les références au paysage insulaire et aux coutumes cubaines.

Toutefois, le Havanais Francisco Covarrubias, créateur du genre vernaculaire et de son populaire personnage du negrito, est aussi considéré comme le fondateur du théâtre national cubain, car il a été le premier interprète local à avoir une grande renommée parmi les gens du théâtre dans le pays et les meilleurs acteurs espagnols, au long d’un demi-siècle.

Au fil du temps, l’apogée de cet art millénaire s’est fait sentir à Cuba et, en à peine 30 ans, se sont développés différents genres ; des théâtres, des compagnies et des interprètes nationaux sont apparus, jusqu´à arriver à des courants plus modernes mêlant la danse, la musique et le chant, sans pour autant abandonner l´identité.

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